Le Beau Saucisson - (La Saucissuite des Fils et des Mots) 

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Je suis une patate. Je suis une courge. Je suis un navet.
Le végétal est vaste... Voilà pour les métaphores légumières.
Ajoutons-y deux fruitières.
Je suis une banane. Je suis une noix.
Il y en aurait bien d’autres...
Et même une fromagère, passant par une autre fruitière : je peux me faire carotter, je suis un comté. Un lien géographique, et nous voilà à Morteau : je suis une saucisse.
Je fais de la cuisine...
Je suis un saucisson.

O;O

Je n’aime pas le téléphone. Bien souvent quand il sonne, il interrompt mes pensées. Il est rare, aussi, que je le fasse sonner. Je n’aime pas déranger.
Connaissez vous ALICE ? C’est un programme d’intelligence artificielle, modélisée, qui essaie d’apprendre à faire la conversation... Si c’est la même qui se trimballe dans nos télés, pour nous vendre ses téléphones –et nous espionner ?-, je pourrais bien être capable de la faire boguer.

Sur Internet, je navigue en souplesse. Tantôt virtuel. Tantôt réel. Sous le spectre de la standardisation. Au milieu des obsessions, je sélectionne informations, discussions, digressions, rencontres, découvertes, diffusions, créations. Presque tout est possible ! Entre les utopies, il faut pourtant se rappeler que cette foisonnante multitude reliée n’est qu’une fraction du Monde, loin de six milliards de connectés.
Internet, je le range dans la partie assistée par ordinateur de mon ingénierie intellectuelle artisanale. Il y a toujours d’autres sources, et d’autres pages.

Les livres ont toujours ma prédilection. Les liens qu’ils créent me semblent plus personnels, plus profonds. Est-ce une question d’habitude et de génération ?
Comme l’ordinateur, la lecture est un plaisir solitaire. Je lis quand je m’ennuie. Je lis quand je suis aux toilettes. Je lis, surtout, parce que j’en ai envie : chaque livre est une relation qui débute, se déroule et se termine, nourrissant la culture et happant l’imagination. Une évasion, mesurée, jusqu’au prochain livre.
Je lis dans toutes les catégories. On a tellement de choix, aujourd’hui...
Entre le battage commercial et les carcans culturels, mon seul critère est d’espérer apprendre des personnages. Ceux qui m’ennuient comme ceux qui me ressemblent.
Bien souvent, dans les livres, on peut tous les comprendre.
De chaînes de mots en visualisations mentales, on peut se projeter. Il m’arrive, parfois, d’avouer me reconnaître.
Récemment, j’ai retenu, dans son Poème pornographe un peu longuet, le « baratinographe » un peu dégoûté de Michael Turner.  J’ai réussi à le faire entrer dans mon spiritographe personnel, que j’avais déjà dessiné, tout riche de symboles et tout envoûté. Il y a toujours chez moi, au fond des choses, un peu de Lafontaine, de Cités d’Or ou de Pays des Merveilles. Chacun son film et sa graphique...
Beaucoup pourraient piocher dans Ducasse et ses Chants de Maldoror. Je m’y suis vu, adolescent dépecé, aux airs d’hermaphrodite... entre autres.
Je me suis trouvé plus de points communs avec la créature de James Eugenides dans Middlesex. Il suffit d’une virgule pour parler le grec.
Quelques-uns, aussi, avec Ali le magnifique de Paul Smaïl.
D’autres avec le Jack du Talisman de Stephen King.
D’autres encore avec le Napoléon du Messager des sables de Audouard et Anthony, bien que je porte, depuis longtemps, la croix de leur héros.
Je me suis aussi pris pour un peu tout le monde dans l’Ombre du Vent de Carlos Ruiz Zafon...
Mais si je voulais écrire une bibliographie...
Tout le monde peut piocher dans sa culture comme dans son enfance.
Tout le monde pourrait piocher dans sa vie.

O;O

Combien de fois ai-je répété, à des camarades de classe, que l’outil bilame, aux ronds de plastiques coinceurs de doigts, n’était pas « un ciseau » mais « des ciseaux » ?
Cependant, je ne leur en tiens pas rigueur: moi-même, je ne savais pas que le ciseau était aussi une prise de lutte – moi, je savais faire la roue et l’appui tendu renversé.
Je savais, par contre, que c’était un autre outil. Serais-je moins maladroit si on m’avait appris à manier le ciseau, plutôt que les ciseaux et leurs crissements sur les papiers ? Question digne de ma formation scientifique...
Mais j’en doute.  Les outils m’ont toujours semblé incompatibles avec mes mains, quand il ne me paraissent pas, tout bonnement, inutiles. Il m’arrive ainsi parfois de délaisser, à table, ma fourchette.
Je crois que tout vient de mes pouces. Comme si je répugnais à les utiliser. En cas d’activité à peine prolongée, ils deviennent douloureux. Question d’habitude ou d’inné ? Quoi qu’il en soit, j’en suis le premier embêté : je sais moins bien attraper que mes congénères, même mon poing se trouve diminué.
Alors, quand on a des ennuis avec ses pouces, on a bien quelques silencieux secrets.

Je dois, en premier lieu, faire avec des secrets indépendants de ma volonté.
Tous les emplois que j’ai occupés étaient soumis au secret professionnel.
Ainsi, si je veux parler de la génialité enfermée de Monsieur D., il me faudra faire comme si son nom n’avait aucun intérêt.
Dans un autre secteur, je n’ai pas le droit de dire que, pour tel grand projet, une partie des études paysagères, déjà presque inexistantes, ont été consciencieusement bâclées.
S’il faut toujours raconter des histoires...
Je peux bien livrer du personnel, et quelques-uns de mes  secrets.

O;O

Comme presque tous les garçons, j’ai mesuré ma bite : j’atteins très péniblement la catégorie BM (ce n’est pas une voiture, et d’ailleurs ce n’est même pas vrai : ma catégorie, c’est Normal...).
Par contre, -Dieu m’en garde ! -, même s’il me turlupine parfois, je ne veux pas savoir à combien s’élève mon QI.
Ce que je peux vous en dire, c’est que ma douceur, elle est faite exprès.
Ce que je peux vous en dire, c’est que je préfère la terre à la monnaie.
Ce que je peux vous en dire, c’est qu’ici et aujourd’hui, je suis réduit à penser...

Ma thématique...
Je goûte. Je mâche. J’avale et je digère. Ou je recrache ou je vomis. Je rends.
Captage. Traitement. Réaction.
Je suis bien plus organique que le trio de l’Ordinateur : Saisie. Calcul. Résultat.
Et j’ai un truc en plus, c’est celui-ci : je ressasse, je repasse, je classe. Je relis. Je relie et j’invente : Je m’informe et je rêve.
Je suis Michel-Ange, je suis Rodin ; je sculpte un David Penseur !

Et si je divague, alunissons. Il n’y a que ce qui m’entête : à l‘unisson.

O;O

Primo... Si c’est un homme...
Je n’ai pas lu ce livre (de Primo Lévi), mais je me suis documenté. C’est une star qui m’y a mené, à travers sa propre conclusion. Comme il m’arrivera encore de la citer, que mon hommage à Mylène Farmer soit ici clarifié. Son univers messager a nourri mes pensées d’échos alambiqués, de résonances particulières à ma réalité. Des visions artistiques, contre l’interprétation psychotique de ma très lunatique personnalité.
La nature est changeante. Ça nous en dit bien, des choses...
Mais savez-vous que le syndrome des personnalités multiples semble beaucoup progresser ?

Si je suis doué pour la rhétorique, c’est grâce à mon imagination. Avec, peut-être, un peu de mémoire, et un perpétuel sentiment de perfectibilité.
Mon ego subjectif, bien alimenté, produit de l’objectif, influencé d’allocentrisme.
Un séducteur, en quelque sorte, conscient de ses facultés, dont la motivation principale est de se faire aimer, voire admirer.

Et dire qu’à l’oral du bac de français, c’est sur Bel-Ami, de Maupassant, que j’ai dû palabrer... Je ne sais plus ce que j’ai raconté, et que l’on a noté à 12/20, la note sempiternelle de mes oraux. Ce dont je me souviens, c’est que je l’aimais bien, Bel-Ami. Si la finalité de ses frasques ne m’a jamais fait rêver, je trouvais cependant ses armes plus naturelles, et plus fines, que les pistolets des cow-boys ou les grèves de charbonniers.
Car à coup sûr, les tentacules enroulés autour de la sphère « psy » ne feraient que décrire ici un mâle mécanisme de domination... Un peu féminin, dirait-on !
Mais si on lui permettait la franchise, n’y aurait-il pas, plutôt, une saine attitude de vie en société, pleine d’humanité, à l’heure où nos technologies ne réservent plus à des élites douées d’exprimer les ténèbres et les espoirs de leurs jardins secrets ? À l’heure, aussi, où le brassage culturel et génétique humain apparaît, pour une partie de la science, à peine entamé, même si les politiques dominantes tendent à le limiter. Séduisons-nous !
Des réflexions qui me poussent à revenir à quelques lignes de ma bibliographie. Car, dans la préface du livre de science-fiction que je viens de commencer, sur le thème de l’évolution saltationniste ( l’Echelle de Darwin, Greg Bear), on me reparle de Maupassant. On me cite (Il est venu...) le Horla, que je n’avais jamais lu – lacune comblée depuis.  Je ne peux m’empêcher, alors, de dériver dans mes souvenirs d’autres pages lues : l’Antéchrist de la Dixième Prophétie (James Redfield)... Le Kwisach Haderach de Dune (Franck Herbert)... Le Dernier Magicien (Megan Lingholm)...
Et si... Moi ?

Allons bon ! Je verse dans l’essai et voilà que je bobine un peu trop haut ! On pourrait croire que je délire : des théories pour la cellule et des voies pour le bûcher...
Aussi, je reviens dans la nouvelle.
C’est une anecdote un peu fantaisiste qui m’est arrivée.
C’était quelques jours avant que je reçoive un livre par la poste, et qui allait beaucoup m’intéresser.

O;O

Dans notre couple de garçons, il y a parfois des temps morts, à chaque fois inattendus. Généralement, ils se produisent le soir.
Ce soir, nous sommes dans la cuisine.
Le ventre grouillant-gargouillant de l’un a réussi à attirer l’autre, gargouillant-grouillant, vers les réserves nourricières du réfrigérateur et des étagères.
Et, cela arrive une fois dans la semaine, pour pouvoir cuisiner, il nous faut d’abord faire un peu de vaisselle. L’évier est plein. C’est comme ça, les garçons... Maman n’est plus là.
Mais n’allez pas imaginer trop de désordre : à deux, on ne salit pas beaucoup de vaisselle.
Et nous sommes, tout de même, de grands garçons.

C’est Lui qui s’y colle. Ce n’est pas habituel.
Depuis quelque temps, j’ai délaissé le maniement des casseroles sur le feu et mes assemblages culinaires, pour le maniement de l’éponge au parfum menthe-agrumes de chez Maison Verte.
Mais là, j’attends la sauteuse.
Un bus rugit et fait trembler la fenêtre aux voilages jaunes. Annette, en face, la vieille-fille prof d’histoire-géo, s’est enfermée chez elle. Tous les volets roulants blancs sont déjà baissés, sur le jour mourant. Tourat aboie derrière le portail bleu. On ne voit que sa truffe. Pauline tire la grille de sa boutique. Terminé, les photocopies, pour aujourd’hui. Dommage qu’elle ne puisse pas replier la banderole rouge et blanche qui nous cache tout le bout de la rue. Temps mort.
Je vais faire de la cuisine...
Je vais vous conter la Suite de la Saucisse.

Ce soir, c’est saucisse basque.
Devant les deux plaques électriques, sous la hotte qui ne sert jamais – et pourtant, le papier peint se décolle –, au son de l’eau du robinet-laveur, je tue ce temps, en détaillant la saucisse, dans son emballage, sur le plan de travail en bois.
Comme d’habitude, je commence par déchiffrer la liste étonnamment longue des ingrédients, placardée noire sur blanc sur le plastique transparent, à côté du code-barre.
Comme d’habitude, je ne sais pas à quoi correspondent les E chiffrés. BIO, après tout, voulait bien dire BouIlliededanOne. Du Coluche et du De Funès, sortis de l’Aile ou la Cuisse.

Mais cette saucisse, pourtant, ne ressemble pas à celles que nous prenons d’habitude, coupées et groupées par quatre, à Casino-Arlac.
Ce soir, c’est une longue saucisse, enroulée sur elle-même, de chez Auchan-Mériadek.
Et, ce soir, cette saucisse porte un nom ! Devant moi, c’est une longanisse.

O;O

Je suis un hippopotame... Je viens de dire : « je suis un peu potomane »...
Mais je n’ai pas la linéarité d’Amélie Nothomb dans sa Biographie de la Faim... Le dictionnaire, c’est ma bible, mais je suis un lecteur rêveur. De mots en mots, et, comme mon dico est illustré, d’images en mots. Etc. Aussi, je ne le connais pas par coeur, et j’invente même des mots.

Longanisse.
Allez savoir pourquoi, le mot m’interpelle. D’où peut venir cette invention ?
Et, bien que tout m’indique que la longanisse, je l’ai sous les yeux, il me prend l’idée, sotte et grenue, d’en savoir plus.
Peut-être est-ce dû au livre, que je viens de terminer (Les Etoiles de Compostelle, Henri Vincenot), où l’on apprend que les Basques, comme les Celtes, ont pu recevoir un héritage Atlante... Où j’ai appris, aussi, que je dessinais des symboles druidiques, sans le savoir.

Je déplie le dictionnaire, agenouillé sur le futon craspouille. C’est le Petit L., mais en grand format. J’ai mis un peu de temps à m’y faire. À table, dans les déficiences de vocabulaire, je pouvais garder le petit format sur mes genoux, et discrètement tourner les pages, histoire d’en savoir un peu plus que les autres...
Le grand format m’oblige à cette position de prière, un peu féline, sur le futon craspouille. Tâches de café, de nourriture. Urine de chat et autres sécrétions animales...

Longanisse, donc. Je m’en doutais à peine : ce n’est pas dans le dictionnaire.
Bientôt un an qu’on a pris l’ADSL, et, visiblement, je commence à m’y faire. Plus besoin d’attendre et d’entendre les grésillements stupides et agressifs. Juste quelques clics. J’attrape la souris sans fil : clic, clic, longanisse, entrée. Et, comme d’habitude, la surprise, le moteur de recherche Google a plein de réponses à me donner !
Le premier site est surprenant. Un écrivailleur (René Mancho), qui se diffuse sur Internet, nous propose, entre autres textes, une sorte de fable, la Longanisse Story : Robert, un Facteur, un Pasteur, des Femmes et un morceau de longanisse dans une boîte aux lettres.
D’autres sites, bizarrement, parle d’une Longanisse qui est une girafe internationale.
Un site, lui, légifère sur les saucisses et les saucissons, et c’est intéressant. On y découvre des saucisses, et des saucissons.
D’autres sites, de cuisine, parlent de ce que j’ai dans ma cuisine. Pas de définition, cependant, mais je déduis, grossièrement, que la longanisse est un chorizo fin et long.

Je reste un peu sur ma faim. Je pourrais me lancer dans une suite de définitions, comme seul sait les provoquer le dico, mais je me dis que tout le monde sait ce que c’est, un chorizo. Et puis, je me dépêche, on m’attend dans la cuisine.
Je survole une dernière fois les deux pages de papier du Petit L., ouvertes sur l’absence de Longanisse.
Des illustrations du Losange et de la Longitude. Des trucs qu’on apprend à l’école. Dessin de Loir, que j’imaginais avec une queue moins volumineuse. Dessin de Lombric, dont nous apprenons, entre autres, qu’il peut atteindre trois mètres de longueur.
Mais je cherche encore Longanisse. Je sais pertinemment que j’ai des yeux de myope !
Je repère, au passage, la longueur des définitions de Long. Celle de Loi. Celle de Lot. Loin est coupé en deux. Lophophore a l’air rigolo. Et, retour aux lettres qui nous intéressent : Longane (un fruit) et Longanimité.
Celui-ci m’arrête. Je décide de continuer ma cuisine sémantique, du coup, dans la cuisine, c’est Lui qui déchire l’emballage et fait cuire notre longanisse, dans la sauteuse magique qu’il vient de laver (c’est un cadeau dont on se sert à chaque repas).
Si vous voulez la définition de Longanimité, vous savez où la trouver. Je vous en dis ceci : son étymologie en appelle aux latins Long et Esprit, et il a deux emplois.
Ce qui m’a arrêté sur ce mot ? Un bête : « ça existe ? ».
Sa définition ne conduit pas aux suites, mais elle m’a laissé pensif.

O;O

Et parfois, quand je suis pensif, je donne des suites.
La définition de Longanimité de mon dictionnaire manque d’un exemple.
M’inspirant de la longanisse : clic, clic, longanimité, entrée.
Et bien sûr, des surprises...
Le premier site sélectionné par le moteur de recherche s’intitule platement longanimité, et répond à ma demande. Nous sommes accueillis par une phrase extraite du chant V des Chants de Maldoror, où longanimité est employé, mis en évidence en caractère gras. J’ai trouvé mon exemple. Vient ensuite une définition, qui précise un peu celle de mon dictionnaire, malgré des bizarreries. Le premier sens y est illustré par une phrase introduisant Dieu, et une suite de mots, avant le deuxième sens, me reste inintelligible (MASS. Avent, Délai). Peut-être des synonymes tirés par les cheveux, mais MASS. ? À part Mathématiques Appliquées aux Sciences Sociales... Y aurait-il un rapport ? Je fuis mon ignorance et reviens à la page de recherche sur Longanimité.
Les sites suivants traitent tous de théologie et religions. Je clique sur : Marc 9, 17-27.
Un Monsieur, dont on ne connaît que le prénom et le nom (Jean-Mathieu Thallinger), commente ce texte, qui, j’imagine, doit être tiré de la Bible, que je n’ai pas chez moi.
Comme il l’explique, il s’attarde sur deux versets. Moi, je m’attarde sur le premier:

- v 19 : Jésus leur dit: "Génération incrédule, jusques à quand serai-je auprès de vous? Jusques à quand aurai-je à vous supporter? Amenez-le-moi."

Éternel loucheur sur la Génération Désenchantée, les premiers mots m’ont attiré l’oeil, par leur analogie. Simple réflexe d’un animal de ferme.
Du coup, j’ai lu tout le commentaire de ce Monsieur, dont on ne connaît que le prénom et le nom. J’en ai même médité quelques phrases. J’en citerais bien plusieurs, en guise de métaphores végétales, mais on ne sait plus très bien à qui demander les droits. Je m’octroie celui de recopier l’introduction, sur le total des trois pages :

En 3 semaines, nous voyons Jésus sortir de ses gonds pour la seconde fois (voir Marc 1, 40-45). Cela met à mal la figure du prophète impassible, doucereux ou mièvre. Nous est présenté un homme entier, sujet à des passions. Matthieu et Luc dans les récits synoptiques ont conservé la mention de cet emportement alors qu'elle avait été omise dans l’épisode du lépreux.

O;O

Ainsi se termine la Suite de la Saucisse, qui me mena au Saucisson de Lyon. Sans autre logique que sa réalité.
On peut même trouver, sur le site des Editions Hermaphrodite, une interview-postiche de Jésus, commentée par des internautes aux avis divers.
Sur Internet, on ne sait jamais vraiment bien à qui l’on a affaire... Même si le Cyber de Zazie nous le chante en refrain.
Moi-Même, j’ai plusieurs pseudos : binOcle, PAYSAGEMAN, Homo Sapiens Neandertalensis...)
Plein de métaphores légumières, pour quelques pousses extraordinaires.

Ainsi se termine le temps mort. La longanisse est cuite. Il faut la manger. On s’installe à table, dans le salon.
Les épices du soleil et la saveur grillée éclatent dans ma bouche.
La télé jacasse, mais c’est pour Lui. Mon Candide. Mon Saint-Vierge.

Dans ma tête, je m’efforce de faire des suites. Je relis. Je relie. Je fais de la cuisine...
Esteban, Tao, Zia...
Dragon Ball, Bioman, Chevalier du Zodiaque...
Je n’ai pas vraiment fait exprès, non plus, d’être un fan de Dorothée.
Histoire de glisser, tout bas : C’est pas ma faute, à moi.

Du passé, du présent, ceux qui me hantent, et du futur en questions: toujours le même saucisson.

O;O

Mais, puisque j’ai déjà versé dans l’essai, je n’allais pas terminer sans quelques tours de marmite rajoutant de la ficelle...
Juste de l’autre côté du mur de notre cuisine, sans fenêtre, il y a les marronniers, les cèdres et les érables qui peuplent le petit square. Par la fenêtre, il y a les peupliers, les chênes et les cyprès des abords hospitaliers. Les catalpas et les mimosas dans les jardins voisins.
Et le livre que j’ai reçu par la poste, sur le monde des arbres, (Racines Célestes, Tomas Heuer), avec une carte postale, allument de nouvelles lumières dans les lointains de mes horizons.
Mon prénom d’arbre méditerranéen, dont les rameaux volent avec les colombes, il se pourrait bien que je le porte très bien.
Il est, de plus, associé à mon nom, dont l’origine germanique me pousse à fouiller les racines.

J’ai choisi, en classe de quatrième, de devenir un hispanisant. Mais les collègues du cours d’allemand se sont empressés de m’apprendre sa signification dès le jour où ils l’ont découverte. « Cave » allait ainsi devenir un de mes surnoms, une variation appréciable au « Keller-tapette » récurrent –mais, soit dit au passage, personne n’a donc remarqué que son étymologie voulait plutôt dire « cellier » ?

O;O

Olivier Keller. On remarquera que ce nom contient, en outre, d’autres mots, derrière ses curieuses initiales au sens double.
Un nom qui est aussi déjà célèbre, comme j’ai pu le constater sur la Toile. Des homonymes aux histoires qui me laissent un peu interdit.
Celui dont je préfère parler est un éminent lyonnais, diplômé en mathématiques et en sciences sociales, qui écrit des livres et donne des conférences sur la préhistoire des mathématiques et la géométrisation de l’espace.
Ma plus forte sympathie va à l’ardéchois, membre de la confédération paysanne.
Et le plus populaire est sans doute le joueur de hockey, en Suisse. Moi, j’ai laissé mon nom dans des palmarès gymniques régionaux de Rhône-Alpes.
Voilà pour les célébrités, mais j’ai aussi trouvé un photographe belge, plus anonyme. Et moi aussi, je fais des photos.
Et je n’oublie pas le jeune garçon d’Alsace, dont j’ai beaucoup aimé les ratures effacées, qui m’a envoyé, avec son école, une carte postale de son village...

O;O

Qu’et-ce que je pourrais bien faire, moi ? Il faut déjà que je trouve du travail. Pour aider les gens, on me réclame d’incongrus diplômes. Je n’ai pas les moyens financiers pour des projets simples. Pas le droit d’organiser ma survie.
Et j’ai envie d’écrire. Et de chanter. Peut-être, un jour, un album.
Peut-être une trilogie romanesque, mais les histoires trop courtes que j’ai déjà inventées étaient trop noires pour que j’aie du plaisir à les montrer.
Peut-être, un jour, une longue réflexion d’ambition politique, plaçant la participation citoyenne au coeur de l’éducation et de l’aménagement du territoire. Prônant la réussite individuelle dans un rôle social. S’appuyant sur la maîtrise du corps et la connaissance de soi en adéquation avec l’environnement.
Peut-être...
Si j’en savais assez.
Alors, je vais vous raconter ma vie.
Ne vous attendez pas au respect de la chronologie. Vous savez bien, à part 1515... (0 ?, 800 ?, 1492 ?, 1789 ?...). Vous savez bien.
Ne vous attendez pas, non plus, à une biographie. Des fragments fabulés, à rassembler.
Liés, sans doute, à quelques pensées.
S’il y a un message, ce sera celui que vous recevrez.

Mais c’est assez de me décrire. Laissez-moi vous raconter.
Voici l’histoire.
C’est l’histoire d’un humain.
Avec, peut-être, une ou deux particularités.
Voici l’histoire d’un Humain.

O;O

Je suis comme une cloche devant des partitions, et je vole au-dessus des champs...




Olivier Keller, octobre 2005