Les définitions du Dictionnaire pour Paysage et Paysagiste, bien qu'intéressantes, sont assez succintes. Elles montrent, en tout cas, la polysémie de ces mots...reflet de débats d'appropriation quelquepeu stériles entre les grands pontes de la profession.
Il faut savoir que ces termes sont des inventions récentes, et n'existent pas encore dans toutes les langues autour du monde. La notion de paysage est née au cours du XVIe siècle, pour être prise en compte dans la législation au cours des années 1970 en France, et cette notion pourrait, demain, remplacer la notion d'aménagement du territoire.

Mes formations me donnent, sans conteste, droit à l'appellation "Paysagiste". Mais si l'on veut chercher la petite bête, je peux tout aussi bien m'en remettre au titre conféré par mon diplôme: je suis Technicien Supérieur en Aménagement du Paysage (...rien à voir avec le titre très creux d'architecte-paysagiste délivré par quelques grandes écoles...)

Je ne tiens pas à leur déclarer la guerre, mais je n'ai pas beaucoup apprécié que leur groupement professionnel principal, la pompeuse Fédération Française du Paysage, s'arroge le droit de cantonner les titulaires de mon diplôme à des emplois qui lui conviennent, au sein de son exposition à la Cour Mably et de son "jardin de mousses" raté, lors du Festival des Jardins de Bordeaux en 2005.
A mes yeux, les architectes-paysagistes n'ont à proposer, le plus souvent, que des interprétations pseudo-artistiques aussi coûteuses que douteuses, et s'associent à l'aménagement de lieux qui ne sont pas
prioritaires, ainsi qu'à des infrastructures aux conséquences dévastatrices. Quant aux végétalisations proposées, sous l'influence des pépiniéristes jusque dans les jardins particuliers, et qui sont dites ornementales, elles ressemblent plus à une uniformisation de type industriel.

Si mes propos vous paraissent abrupts... ils ne visent qu'à créer un débat. Faites moi part de vos commentaires, s'il vous plaît !

Je pense qu'il est grand temps que des barrières tombent et que l'on s'unisse, pour préserver les diversités, mais nous touchons là à tout le fonctionnement de la société, des médias et de l'enseignement en France...

Revenons au Paysage. Voici comment on en parle dans l'introduction de ma bible en ce domaine ma bible en ce domaine (Paysages, Aménagement-Protection, de J.C Pamelard, aux éditions MAT):

"Le paysage est une notion complexe qui recouvre une réalité multiple: il intéresse aussi bien le peintre que l'historien, l'archéologue, le géographe, le sociologue, l'agronome, le plasticien, l'écologue, l'artiste, l'agriculteur, l'urbaniste...

Chacun y voit son paysage avec sa sensibilité, sa formation, sa culture, cherchant à y découvrir composantes et lignes de force; d'où l'obligation d'additionner plusieurs types d'approches pour mieux appréhender dans sa totalité le paysage."

C'est là, en théorie, le métier des paysagistes... Et l'on voit qu'il conviendrait mieux de parler de Paysages, au pluriel.

Je tente de résoudre ce petit problème linguistique en donnant à Paysage une définition professionnelle personnelle.

Paysage: Environnement perceptible par l'Homme, et envisagé, pour partie, comme résultante de l'activité humaine. Nature et Culture, Jardin et Société.

Je veux ainsi défendre un paysage concret, réaliste, environnementaliste et vivant, qui soit l'affaire de tous, porteur d'avenir, et non l'affaire d'une poignée d'élites fabriquant des musées.
Ainsi, après tous ces vocables professionnels, je vais essayer de me faire plus simple pour la suite de Mes Leçons de Paysage !

Vous pouvez aussi consulter la définition Wikipédia de Paysage.